Crédit affecté annulé : faute du prêteur et restitution
Publié le :
18/03/2026
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La première chambre civile de la Cour de cassation, dans un arrêt du 11 février 2026 (n°24-15.204), apporte des précisions déterminantes sur les effets de l’annulation d’un crédit affecté lorsque le vendeur financé fait l’objet d’une liquidation judiciaire. La Haute juridiction admet que l’emprunteur peut être exonéré de la restitution du capital prêté dès lors qu’il démontre un préjudice en lien direct avec la faute du prêteur, tenant à l’impossibilité de récupérer le prix auprès du vendeur devenu insolvable.
La faute du prêteur dans le contrôle du contrat principal
À la suite d’un démarchage hors établissement, un acquéreur avait conclu un contrat portant sur la fourniture et l’installation de panneaux photovoltaïques, financé au moyen d’un crédit affecté. À son initiative, les contrats de vente et de prêt ont été judiciairement annulés, avant que le vendeur ne soit placé en liquidation judiciaire. La cour d’appel, tout en retenant un manquement du prêteur pour défaut de vérification de la régularité formelle du bon de commande au regard des exigences du code de la consommation, avait néanmoins condamné l’emprunteur à restituer le capital, estimant l’absence de préjudice démontré. Se fondant sur l’article L.312-55 du code de la consommation et sur l’article 1231-1 du code civil, la Cour de cassation rappelle que si l’annulation du prêt implique en principe la restitution des sommes versées, le prêteur fautif peut être privé de tout ou partie de sa créance dès lors qu’un préjudice en lien causal avec sa faute est établi.La liquidation judiciaire du vendeur comme caractérisation du préjudice
La Haute juridiction juge qu’en présence d’une liquidation judiciaire du vendeur, l’emprunteur se trouve dans l’impossibilité d’obtenir la restitution du prix acquitté. En application du principe d’équivalence des conditions, cette impossibilité constitue la conséquence directe du déblocage des fonds par le prêteur sans contrôle suffisant de la validité du contrat principal. L’acquéreur, privé de la contrepartie financière liée à l’anéantissement du contrat de vente, subit ainsi une perte correspondant au montant du crédit. L’arrêt est consultable sur le site de Legifrance : Cass. civ. 1re, 11 février 2026, n°24-15.204.Historique
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